Président Obama, No we can’t

Publié le par Eli d'Ashdod

Président Obama, No we can’t
Editorial de la semaine du 06/06/2009

Par Guy Senbel pour Guysen International News

Vendredi 5 juin 2009 à 01:20

 

http://www.guysen.com/photos/p90_obama_peace_islam.jpgCette semaine, nous souhaiterions attirer l’attention de nos lecteurs sur le voyage de Barack Obama au Moyen Orient. Le discours prononcé au Caire jeudi 4 juin marque la volonté claire et affirmée par Washington de réconcilier le monde arabe avec les Etats-Unis. Après avoir salué en arabe les 3000 invités, Obama a insisté sur « la vérité que l’Amérique et l’Islam ne s’excluent pas ». Enoncé de principes réconciliateurs fondés sur le « respect mutuel », le discours de Barack Obama confirme sans doute la nouvelle doctrine de la politique étrangère américaine au Moyen Orient.

 Obama s’est aussi adressé aux Musulmans pour leur confirmer que la diabolisation de l’Islam est inacceptable ; ce discours-là était nécessaire.

En annonçant tour à tour que les troupes américaines n’ont pas vocation à rester en Afghanistan, que l’Amérique veut « remettre l’Irak aux Irakiens », que la « colonisation » doit cesser en Israël, ou que l’Iran a droit au nucléaire, le président américain tourne la page des années Bush et change radicalement l’approche de la politique étrangère des Etats-Unis.

 

Un engagement fort pour la paix et la stabilité à tout prix, qui viendrait justifier la fin de l’interventionnisme américain dans la région. Le Moyen Orient est une poudrière, en effet. Et la guerre est devenue trop chère pour un pays qui semble encore loin de connaître la fin de la crise.

Il faut donc inventer la paix, fût-elle froide. Obama doit continuer de faire croire à la possibilité d’un monde apaisé. Le fameux slogan gagnant « Yes we can » ne doit pas seulement changer l’Amérique, mais le monde dans son ensemble.

 

La presse républicaine aux Etats-Unis réprouve depuis des mois des décisions souvent hardies et dangereusement naïves prises en matière de politique étrangère, au nom de principes et de slogans, au mépris des risques terroristes et de la sécurité. Sa politique de la confiance à priori fait craindre le pire au pays du 11 septembre, et dans les pays frappés par le terrorisme.

 

Obama martèle que le « cycle de la méfiance doit s’achever », ignorant que les sources de la confiance sont rares. De ce point de vue, Israël doit continuer de se soucier de sa sécurité, les Palestiniens aussi. Ne serait-il pas inquiétant de voir demain le Hamas gouverner l’Autorité palestinienne ?

Tel est pourtant le risque d’une normalisation du Hamas qu’Obama appelle de ses vœux. Comment peut-il ignorer que la raison d’être de l’organisation terroriste est justement de continuer à semer la terreur et la mort, l’insécurité et le danger.

La reconnaissance ne permettra pas de résoudre le conflit, parce qu’il n’y aura pas de reconnaissance. La demande du chef du gouvernement israélien que les pays musulmans reconnaissent Israël comme un « Etat juif » n’aboutira pas.

 

C’est un « No we can’t » que répondent les Israéliens, premiers concernés par la menace iranienne et la volonté destructrice de ses relais aux frontières d’Israël, Hezbollah, Hamas.

 

« No we can’t ». Parce qu’il est dangereusement naïf de croire que le Hamas renoncera demain aux armes. Le Hamas est un mouvement terroriste qui souhaite instaurer la loi islamique comme mode de régime politique d’un futur Etat palestinien.

 

« No we can’t ». Parce qu’il n’est pas possible de donner un blanc seing à l’Iran pour la poursuite de son programme nucléaire, quand son président appelle à la destruction d’Israël.

 

Le danger ne concerne pas seulement Israël. Ce sont tous les pays modérés de la région, à commencer par l’Egypte, qui sont menacés par la montée de l’islamisme. Qu’ils se nomment Frères musulmans, Hamas, Hezbollah, la surenchère radicale qu’ils pratiquent vise à renverser les régimes pro-occidentaux de la région, pour instituer des régimes dictatoriaux et ultra religieux.

 

Le Moyen Orient se compose en deux camps : celui de la modération qui aspire à la paix, par la politique ou par l’économie, qu’importe, pourvu qu’elle soit au programme des candidats élus ; et il y a le camp de l’extrémisme, qui la refuse. Il y a le camp de la vie, et le camp de la mort. Ils sont inconciliables, et irréconciliables.

 

« No we can’t ». Le Président américain a eu tort de rappeler à l’ordre les pays occidentaux « d’éviter de gêner les citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent et par exemple en dictant les vêtements qu’une femme doit porter. » Barack Obama ignore sans doute que la plus haute autorité sunnite, l’imam d’Al Azhar, l’université dans laquelle il avait choisi de prononcer son discours jeudi 4 juin, a approuvé la loi française de 2003.

 

Obama « regrette aussi les vues de certains en Occident pour qui le fait de se couvrir les cheveux a quelque chose d’inégalitaire ». Il s’en prend à la tradition républicaine laïque française qui a dit « non » au voile islamique, comme à tous les signes ostentatoires d’ailleurs. La laïcité ne combat pas la religion. Elle en fait une affaire privée.

La laïcité est aussi un rempart contre les inégalités. Les cantines Hallal dans les établissements publics français ont été ouvertes au nom de l’égalité des enfants ; déjeuner ensemble à l’école, quitte à ne pas manger les mêmes plats.

 

Les violences inter palestiniennes (!!!) qui sévissaient encore jeudi 4 juin, firent trois morts ; au moment Barak Obama commençait son discours, une roquette Qassam était tirée de Gaza sur Mefalsim, dans le Néguev occidental. A l’heure où le président américain appelait à une « nouvelle paix » au Moyen Orient, un attentat faisait neuf morts et quarante blessés à Bagdad. Oussama Ben Laden, quant à lui, a appelé les musulmans à se « préparer pour une longue guerre contre les infidèles du monde entier et leurs agents »…

 

Au cours de son discours " réconciliateur ", Barack Obama n’a pas évoqué Guilad Shalit.

Soldat de Tsahal et citoyen français, otage du Hamas depuis 1076 jours, ce soir, nous pensons à lui.

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Publié dans Barack Hussein OBAMA

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