Les palestiniens: la patrie de leurs ancêtres n'est certainement pas la nôtre" par Yehudit

Publié le par Eli d'Ashdod

Les palestiniens:

« la patrie de leurs ancêtres n'est certainement pas la nôtre"

par Yehudit

 

Scandalisée mais à peine étonnée, telle a été ma réaction à la déclaration du Pape concernant son désir que les Palestiniens retrouvent la terre de « leurs ancêtres »...

Ainsi, une fois de plus, l’on présente les Palestiniens comme un peuple, et un peuple dépossédé de sa terre ! Et par qui ? Par les Juifs, les Israéliens bien sûr !

Ainsi, en quelques mots, le Pape a entériné l’idée que les Juifs seraient des spoliateurs, des voleurs qui n’auraient qu’une place amputée, quasi indéfendable, sur une terre dont provient pourtant leur nom (Yehuda ve Shomron : Yehuda ...yehud...Juif !) au contraire des palestiniens dont ce serait la terre de leurs « ancêtres ». Leurs ancêtres !

Alors force est de scruter ce que nous raconte l’Histoire. Histoire qui, une fois de plus, si l’on veut bien se donner la peine d’y regarder d’un peu plus près, démonte cette affirmation.

 Remontons donc les millénaires...

 

Le royaume de Judée/Samarie devient... Palestine

 

            Il est fréquent « d’oublier », que la « Palestine » a porté un autre nom ! L’oubli, pourtant de taille, est lourd de conséquences et il est impossible de comprendre la situation qui prévaut au Moyen-Orient sans réparer cette omission.

            Nous tenterons de découvrir ici, en quelques grandes lignes, le parcours de nos ancêtres, jusqu’à la terre de Canaan, aux royaumes de Judée–Samarie, la chute de ceux-ci et la naissance de la Palestine, les prémices des revendications de certains de ses conquérants, d’aujourd’hui, des pays arabes et des ex palestiniens.

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Origine des noms de palestiniens et peuple d’Israël :

En 1220 avant J.C. des tribus nomades sont appelées « peuple d’Israël » et à Médinet Habu, un bas-relief décrit une bataille navale contre « des peuples de la mer » sans doute originaires de Crète ou des Balkans et nommés « Purastu » ou « Pulastu », en hébreu « Pelictim », en arabe « Filistin », en français « Philistin ».

Repoussés dans le delta du Nil, ils partirent jusqu’à l’actuelle région de Gaza et s’y sédentarisèrent. Elle s’appela Pelechet, Philistea, Palestine.

 

Les tablettes de Tel-El Armana, stèle découverte à Thèbes, en Egypte, nous signale la première notification d’une peuplade – les Habirus – confirmant l’existence des Hébreux en Egypte, d’où ils partirent, sous la conduite de Moïse, vers leur destin.

Si l’on s’en réfère, le livre de Josué ben Noun, dans la Bible, et la lecture de la Hagadah, chaque année, le soir du Séder de Pessah, nous content les conditions du départ des Hébreux d’Egypte, vers la conquête de Canaan.

Le livre des Juges, corroboré par certaines découvertes archéologiques récentes,* nous apprend quant à lui que cette conquête fût plus ardue et éclatée dans le temps.

 

 

 

 

 

 

 

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* Histoire universelle des Juifs - Hachette

 

1)      La terre de Canaan

 

   Eparses, les cités/états des tribus cananéennes, sous la domination de l’Egypte pharaonique jusqu’à sa chute vers 1500 avant J.C. s’étiraient du nord au sud, d’Akko à Hebron, Gaza

 

2)      Les douze tribus :

 Dan, Benjamin, Manassé, Juda, Ephraim, Zabulon, Gad, Simon, Asher, Naphtali, Ruben, Issachar, se partageront la terre. Ils lutteront contre de nombreux ennemis, dont les Philistins, nommés également « Peuple de la mer ». Provenant des îles grecques jusqu’aux côtes cananéennes, ils s’étaient sédentarisés sur la côte, au sud, avec l’établissement de cinq cités-états, dans la région connue sous le nom de Gaza. Grecs et romains l’appelleront « Palastina », (retenons que les Philistins n’étaient pas arabes, dont l’invasion vint très longtemps après, et que la dénomination arabe de « palestina »provient de Peleshet.

 Leur avancée vers l’intérieur des terres sera freinée par Saül. David les arrêtera.

 

3)  Les Royaumes d’Israël  (les rois remplacent les Juges) :

 

- Le premier roi en sera Saül, (-1029 à -1007), de la tribu de Benjamin. A sa mort, David, de la tribu de Juda, règnera (d’abord) à Hébron, Ish-Boshet, fils de Saül, sur les tribus de Benjamin et Ephraïm.

 

. Aux environs de l’an –1000, David, ralliant les tribus, règnera durant trente ans, réduisant les ennemis d’Israël, particulièrement les Philistins et les Cananéens, agrandissant le royaume, et la prise d’une bourgade jébuséenne la rendra célèbre pour l’éternité. Elle s’appellera désormais Yerushalaïm (Jérusalem) et deviendra sa capitale ainsi que celle du peuple juif.

 

La lutte fratricide entre deux des fils de David, entraînera la mort d’Amnon par son frère Absalon qui, à  son  tour,  sera  tué. A  la  mort  de  David,  en - 967, un autre de ses fils, Salomon, lui succèdera.

 

- Salomon construira le premier Temple confirmant ainsi le statut de Jérusalem en tant que capitale et centre spirituel du peuple juif. La réputation du roi Salomon, traversera temps et espace jusqu’à nous.

Longtemps durera la paix. Mais vers la fin de son règne, les mécontentements grandissent, tandis qu’à  l’extérieur du royaume les ennemis attendent leur revanche. C’est ce qui se produira, après sa mort, en – 928. Le royaume éclate alors en deux :

 

- le royaume d’Ephraïm au Nord, avec pour capitale Sichem, deviendra Samarie (ou Israël)

- le royaume de Juda au sud, avec le Temple et sa capitale Jérusalem.

 

Les deux royaumes se livreront une guerre sans merci, tandis que leurs ennemis  fourbissant leurs armes, profitent de cet affaiblissement pour envahir, et conquérir. Les «frères ennemis » devront alors composer, et certains  rois « porteront leur royaume au zénith de sa puissance ». Ce seront, en Israël, royaume du Nord :  « Omri, roi sous-estimé, fondateur de Samarie, Achab, Jéroboam II (-790/-750) »,  « en Juda,  Josaphat et Ouzia ».*

Mais les envahisseurs, et les évènements, vont se succéder qui verront :

 

-Tout d’abord en –722 :

. l’effondrement du royaume d’Israël dont la capitale Samarie tombera aux mains des Assyriens, devenant partie de leur empire,

.  la déportation de ses habitants, et que disparaîtra ainsi une grande partie du peuple hébreu. (Les Samaritains seront la résultante de l’assujettissement des populations restantes au joug assyrien).

Mais un deuxième drame se préparait pour le peuple hébreu et ce qu’il restait des deux royaumes, c’est-à-dire celui de Juda...

 

- En –701, Sennachérib, roi d’Assyrie tente d’anéantir le deuxième royaume et assiège Jérusalem. Son oeuvre de destruction ne sera que partielle et la ville résistera. Mieux même car sous le règne de Josias, Juda se restructurera.

Ce ne sera que temporaire puisque, une fois de plus, à la mort de son roi le royaume s’affaiblira et,

.  Sous le règne de Sédécias, Babylone, nouvelle puissance, assiégeant Jérusalem à son tour, s’engouffre dans la brèche des murailles ceinturant la ville le 17 tamouz et, trois semaines après,

 

Le 9 av –586, Nabuchodonosor conduisant son armée, fait tomber Jérusalem, livrée au pillage et aux flammes, détruit  le Temple, déporte ses habitants...

Première destruction du Temple, première déportation jusque sur les rives de Babylone où les Hébreux pleurent le Temple détruit. Le premier exil commençait !

 

- Puis arrive Cyrus, roi de Perse, autre conquérant certes, mais qui autorise les Hébreux à reconstruire le Temple.

- Hélas, une nouvelle conquête greco-syrienne, menée par Alexandre le Grand, les assujettis de nouveau, cette fois à la domination hellénique.

 

Citons comme autre principal évènement entre la chute d’Alexandre le Grand et Rome :

–164 le royaume hasmonéen se révolte, conquiert une semi-indépendance, temporairement protégé par un traité avec Rome, jusqu’à...

 

4) Rome et la destruction du deuxième Temple...

 

- La conquête de Jérusalem par Pompée (-61) sonnera la subordination du royaume d’Israël à Rome, dont une partie cependant dépendra du roi Hérode l’Iduméen, connu comme bâtisseur de Massada, de la forteresse d’Hérodion, que ne manquent pas de visiter les touristes, mais également de l’embellissement et agrandissement du Temple.

             

Mais c’est aussi  la période où s’exercera la première volonté de déjudaïsation, par l’Empereur Hadrien, du royaume d’Israël qui, après avoir été appelé « Provincia Judaea roman » , sera renommé « Provincia Palaestina Syria» (en 135) ainsi que de Jérusalem qui deviendra, un temps, Aelia capitolina. (Palaestina Syria parce-qu’au 5ème siècle avant J.C. les Grecs appelaient la côte est de la méditerranée, « The Palaestina Syria »).

Malgré quelques tentatives pour reconquérir leur indépendance, dont la révolte de Bar-Kohba en 133, le nouvel exil des hébreux se préparait et, après la deuxième destruction du Temple par les légions romaines de Titus en 70, il durerait, cette fois, presque deux mille ans, et leur terre divisée à plusieurs reprises, sera livrée à la désolation. Pour un grand nombre d’entre eux cela se passerait dans les pays « d’accueil » d’une large et deuxième déportation, pour les autres, dans les ruines du royaume anéanti. Pour tous, d’autres massacres, d’autres humiliations... le sceau de l’infamie !

 

 5) « Intermèdes » chrétien, grec, perse, conquête arabe... 

- En 1099, les croisés conquièrent ce qui sera donc dorénavant nommé la « Palestine ».  Leur  « royaume » dura moins de cent ans.

 

- Un temps chrétienne, la Palestine tombera en 614 après la conquête d’Héraclius en 629. Brièvement reconquise par la Perse, elle succombera à la conquête arabe sur tout le moyen orient, et Jérusalem en 640.

De nouveau, la terre sera partagée : en deux parties, Nord et sud. La capitale du Nord sera Tabariyed (Tibérius) et celle du sud prendra le nom de Al-Lud (Ramleh ou Ramalah).

 

Cette conquête, arabe, à son tour subira quelques revers : de nouveaux conquérants s’installeront sur la terre des anciens royaumes d’Israël et les Hébreux continueront de subir leur long calvaire :

 

6) La conquête ottomane de 1517 à 1917 :

 

Cette fois ce seront les Turcs ottomans, (qui n’étaient pas arabes mais de religion musulmane). Sous leur occupation, le nom de Palestine conservé, la terre sera divisée en 4 districts, et administrativement rattachée à la province de Damas.

Notons que le gouvernement de Soliman le Magnifique favorisera une immigration juive, l’augmentation de la population juive de certaines bourgades, l’étude de la Kabbalah*, la codification du Choulhran Aroukh*. Puis, encore un déclin et sa résultante :

 

 « A la fin du 18ème siècle la majeure partie de la terre, vide de propriétaires, fut abandonnée à des fermiers improvisés, au désert, aux terres arides », ainsi nous les décrivent voyageurs et écrivains...

 

"Nothing there [Jerusalem] to be seen but a little of the old walls which is yet remaining and all the rest is grass, moss and weeds." English pilgrim in 1590

"Il n'y a rien à voir à Jérusalem hormis quelques vieux murs qui restent encore.   Tout  n'est qu’herbe, mousse et mauvaises herbes. " Pèlerin anglais en l'an 1590

 

"The country is in a considerable degree empty of inhabitants and therefore its greatest need is of a body of population".    British consul in 1857

"Le pays est vide d'habitants. Par conséquent son besoin le plus grand est d’avoir une population" Le consul britannique –1857

 

"There is not a solitary village throughout its whole extent [valley of Jezreel]   -- not for 30 miles in either direction . . . One may ride 10 miles hereabouts and not see 10 human beings.

"Il n'y a pas de village plus désert dans toute la vallée de Jezréel, à 30 miles dans n’importe quelle direction... On peut aller à 10 milles d’ici sans voir 10 personnes.

 

"For the sort of solitude to make one dreary, come to Galilee . . .  Nazareth is forlorn . . .  Jericho lies a moldering ruin . . . Bethlehem and Bethany, in their poverty and humiliation   . . . untenanted by any living creature "Pour connaître une telle solitude... il faut venir en Galilée... à Nazareth règne le désespoir... Jericho est une ruine décrépie,  Bethléem et Bethany, dans une telle pauvreté et humiliation ...  qu’elle est désertée par toute créature vivante !

 

"A desolate country whose soil is rich enough, but is given over wholly to weeds . .  a silent, mournful expanse . . . a desolation . . . . We never saw a human being on the whole route     . . . .   Hardly a tree or shrub anywhere. Even the olive tree and the cactus, those fast friends of a worthless soil, had almost deserted the country . . . .

"Palestine sits in sackcloth and ashes . . . desolate and unlovely . . .

Mark Twain  The Innocents Abroad, 1867

Nous n'avons pas rencontré un seul être humain de tout l'itinéraire... À peine un arbre ou un arbuste n'importe où. Même l'olivier et le cactus, ces amis fidèles d'un sol sans valeur, ont presque abandonné le pays...

"La Palestine s'étale dans un sac en toile empli de cendres... désolé, mal aimé...

                                                                Mark Twain Innocents à  l'étranger 1867                                                       

 

7) Première guerre mondiale 1914/1918 . Défaite de l’empire ottoman avec l’aide de l’Arabie.

 Une large colonisation occidentale le remplace, aux dramatiques conséquences pour l’Histoire des peuples du Moyen-Orient (alliances, reniements, remodelage de la géographie et de l’Histoire de la région, disparition et création d’états... jusqu’à ce jour : Le partage créé par l’Empire ottoman servira de base à la conquête coloniale, et le nom de Palestine repris, appliqué au territoire placé sous le Mandat britannique « pour la Palestine ». 

1917 verra la Déclaration de Lord Balfour, reconnaissant la nécessité et le droit pour le peuple juif de posséder un Foyer national juif, sur toute l’étendue de la Palestine mandataire.

La S.D.N. (Société des Nations) confiera à la Grande-Bretagne le soin de la mettre en oeuvre.

Le 19ème siècle qui a vu l’arrivée des premières vagues d’Alya juive et le développement progressif de la terre aride en verra également sa conséquence immédiate : l’afflux massif d’autres arrivants, cette fois arabes ! Hélas, la désinformation orchestrée au plus haut niveau, l’occultation de cette information en démontre sans aucun doute l’intérêt.  Prenant le peuple juif en otage d’intérêts sordides, son  « omission », ainsi que celle du reniement de la Loi Balfour, par le Livre blanc, dépossédant le peuple juif de 77 % de ce qui devait leur revenir, et la création de la Transjordanie, l’attribuant à Abdallah d’Arabie en remerciement de ses « loyaux services » et de son aide dans la défaite de l’empire ottoman, participe activement à la propagande que les Juifs ont chassé arbitrairement un peuple, et, fait aggravant, « propriétaire » de « la Palestine ». Ce qui justifierait, par voie de conséquences, les revendications arabes et leur soutien par l’Occident !

L’amnésie est générale sur le fait que les Juifs ont été les premiers « palestiniens », puisqu’il faut utiliser ce nom, d’il y a plus de deux mille ans – et qu’un nombre non négligeable s’y est maintenu contre vents et marées ! Le présent, notre présent à tous, étant le prolongement direct de ce passé occulté, faisons-le d’urgence sortir des oubliettes de l’Histoire, car une nouvelle tentative d’annihilation de l’état juif est en cours. Il ne faudrait pas que d’aucuns soient tentés par un facile  « Je ne savais pas ! »

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Publié dans Israël

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