Obama : l’idéologie, vous dis-je (1ère de 2 parties) (info # 021909/9) [Analyse] Par Laurent Murawiec à Washington © Metula News Agency

Publié le par Eli d'Ashdod

 
Obama : l’idéologie, vous dis-je (1ère de 2 parties) (info # 021909/9) [Analyse]
Par Laurent Murawiec à Washington © Metula News Agency
 
Il est futile d’essayer d’interpréter les choix opérés par le président Obama comme étant le fruit d’un quelconque « réalisme », d’un pragmatisme ou même d’une réaction à l’événement. Aucune de ces grilles de lecture n’en permet la moindre compréhension. Tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, dans le choix des hommes et des options politiques et diplomatiques, tout est, chez lui, déterminé par l’idéologie.
 
C’est une idéologie d’extrême-gauche, qui contredit radicalement la prétention rhétorique du « gouverner au centre » et la modération affichée pendant la campagne électorale.
 
Même le choix des premiers couteaux apparents, les membres du cabinet, ne signifie pas grand-chose : Hillary Clinton, le général Jones, patron du Conseil National de Sécurité, n’ont qu’une voix fluette au chapitre. Car ils ne gouvernent pas – ce sont, sinon des potiches, du moins des deuxièmes couteaux, soumis aux desiderata, aux diktats, même, du staff présidentiel.
 
Ledit staff est constitué des conseillers du président, en particulier les « tsars », nommés hors Constitution, hors supervision, qui ne sont en rien comptables de leurs actions, sauf devant le Président. Et dont les pouvoirs sont, au mieux flous, à l’instar de leur délimitation par rapport aux structures formelles du pouvoir.
 
La liste des « tsars » est interminable. Pour un Français, ou un Européen bien souvent, la suprématie de l’exécutif est un fait depuis longtemps accompli ; le staff de l’Elysée, par exemple, occupe, depuis de Gaulle, une position prépondérante, qui est celle de la bureaucratie monarchique, comme Tocqueville l’avait si clairement diagnostiqué dans L’Ancien régime et la Révolution.
 
Mais la Constitution de la Cinquième République, tout comme la pratique monarchique antérieurement, ne respecte aucunement la séparation des pouvoirs, ni l’intégrité des rapports entre les différents pôles de l’exécutif, Elysée, Matignon, ministères.
 
Il n’en va de même ni dans l’histoire, ni dans la pratique américaines. Franklin Roosevelt avait bien tenté d’annexer la Cour suprême à la présidence – ce fut là l’un des ses échecs les plus retentissants.
 
Malgré les imputations de « république impériale » formulées à l’égard de l’administration Nixon en particulier, ce vice européen, cet impérialisme de l’exécutif central, n’avait jamais atteint l’Amérique.
 
En consultant la liste des « tsars », on se demande pourquoi il y a des ministres et des ministères, si c’est pour être court-circuités, et pour que la puissance de la Maison Blanche soit rendue prééminente et surpuissante.
 
Le régime tsariste d’Obama se décline ainsi :
 
1.      Tsar pour l’Afghanistan - Richard Holbrooke
2.      Tsar pour le SIDA - Jeffrey Crowley
3.      Tsar pour la reprise automobile - Ed Montgomery
4.      Tsar pour les questions frontalières - Alan Bersin
5.      Tsar pour les questions aquifères en Californie - David J. Haye
6.      Tsar pour l’industrie automobile - Ron Bloom
7.      Tsar pour la région Moyen-Orientale/Asie occidentale - Dennis Ross
8.      Tsar sur les questions climatiques - Todd Stern
9.      Tsar sur la religion dans la société- Joshua DuBois
10.  Tsar anti-drogue - Gil Kerlikowske
11.  Tsar économique - Paul Volcker (un tsarévitch sans pouvoir, plutôt là pour la galerie)
12.  Tsar pour l’énergie et l’environnement - Carol Browner
13.  Tsar sur la Violence domestique - Lynn Rosenthal
14.  Tsar sur l’efficacité de l’Etat - Jeffrey Zients
15.  Tsar sur la région des Grands Lacs - Cameron Davis
16.  Tsar pour les emplois verts (il a depuis dû démissionner suite à de sulfureuses révélations sur son parcours extrémiste)
17.  Tsar pour la fermeture de Guantanamo - Daniel Fried
18.  Tsar pour la santé publique * - Nancy-Ann DeParle
19.  Tsar pour les technologies de l’information - Vivek Kundra
20.  Tsar du renseignement - Dennis Blair (confirmé par le Sénat)
21.  Tsar pour le Moyen Orient - George Mitchell
22.  Tsar sur les salaires - Kenneth R. Feinberg
23.  Tsar pour la régulation - Cass R. Sunstein (confirmé par le Sénat)
24.  Tsar pour la science et la technologie - John Holdren
25.  Tsar sur les comptes de la relance- Earl Devaney
26.  Tsar pour le Soudan - J. Scott Gration
27.  Tsar pour les financements anti-faillite - Herb Allison (position à confirmer par le Sénat)
28.  Tsar pour la technologie - Aneesh Chopra
29.  Tsar anti-terroriste - John Brennan
30.  Tsar sur les questions des villes - Adolfo Carrion Jr.
31.  Tsar sur les armes nucléaires - Ashton Carter
32.  Tsar pour les armes de destruction massives - Gary Samore
 
 
On parle même de 47 « tsars », mais je ne cours pas assez vite pour suivre la valse.

Aucune de ces positions n’aurait pu ni dû être autonomisée par rapport aux ministères existants. L’unique motivation de l’imposition d’un tel système parallèle est l’hypercentralisation du pouvoir dans les mains du Président, ce qui est parfaitement anticonstitutionnel.
 
La sphère occupée par les « tsars » recouvre la quasi-totalité des aires de la politique. Il est vrai que certains « tsars » sont soit confirmés par le Sénat, soit tenus de faire rapport – censément – au ministre correspondant. Cela dit, l’inflation du nombre de « tsars » et de leurs aires de contrôle est plus que problématique.
 
Ces officiers tsaristes, que font-ils ? Ils appliquent, pour la plupart, les choix idéologiques présidentiels.
 
Prenons quelques exemples : Le numéro 21, George Mitchell, a pour tâche de « casser » Israel ; le numéro 24, John Holdren, est un fou furieux, partisan de l’avortement et de la stérilisation forcés, de la réduction massive de la population, et autres crimes du genre ; le numéro 23, Cass Sunstein, est partisan déclaré d’imposer à la population, par la force et la législation, de changer ses préférences de consommation ; c’est-à-dire de se conformer aux diktats de l’Etat en matière de dépenses ; le numéro 6, Ron Bloom, a pour fonction de nationaliser l’industrie automobile et d’en passer les commandes à son ancien employeur, les syndicats de l’automobile, qui portent une responsabilité égale à celle du management dans l’effondrement du secteur. Je m’arrête là.
 
Car toutes les grandes options choisies depuis l’entrée en fonction d’Obama sont d’ordre purement idéologique, et elles sont uniformément gauchistes, politiquement correctes et dangereusement irréalistes et utopiques.
 
-          L’Islam : lors de son discours du Caire au monde musulman, Obama invente de toutes pièces d’imaginaires contributions islamiques à la science (imprimerie, papier) ou les exagère massivement (mathématiques).
 
Il excuse ou omet la brutale oppression que tous les régimes arabes et musulmans font subir aux femmes, aux dhimmis, aux intellectuels, aux contestataires. Il ne parle ni de dictature, ni de répression, ni du sous-développement endémiques.
 
L’attitude est symbolisée par la courbette consentie au roi d’Arabie saoudite, le souverain absolu du régime le plus intolérant du monde.
 
Alors que c’était un véritable crime d’utiliser son deuxième prénom, Hussein, pendant la campagne électorale, Obama n’a aujourd’hui de cesse de rappeler ses racines islamiques, et d’inventer de ridicules contes de fée Carabosse sur de prétendues contributions de l’Islam à l’essor des Etats-Unis.
 
-          Israël : comme s’en plaignait le journaliste social-démocrate israélien Aluf Benn (Haaretz), Obama parle au monde entier, mais ne s’est jamais adressé à la gauche israélienne, laquelle est dévastée par la fixation obamienne sur les implantations (rebaptisées, pour complaire au monde arabe [et aux néo-existentialistes, qui entendent faire du conflit israélo-arabe un avatar des guerres de décolonisation. Ndlr.], « colonies »).
 
Obama a fait sienne la version arabo-musulmane de la fondation d'Israël : elle consiste a nier l'enracinement millénaire d'Israël, et à réduire la refondation de l'État à un résultat de la Shoa. C'est précisément ce qu'il a fait dans son discours du Caire.
 
La collaboration arabe généralisée avec les puissances de l’Axe, durant le Second Conflit Mondial, est passée sous silence, et l’agression permanente du monde arabe contre Israel n’existe plus.
 
-          L’Iran : passivité complice face à la sanglante répression des manifestations anti-fraude, devant l’absurde « proposition de négociation » du régime de Téhéran, qui exclut le plus important, la nucléarisation militaire.
 
Obama n’a pas la moindre idée de ce que la diplomatie n’est qu’une technique, et que ce qui importe, c’est le fond politique.
 
Tout le monde il est beau…, sauf les alliés traditionnels de l’Amérique, méprisés et maltraités, comme le Honduras, qui s’accroche à son ordre constitutionnel contre un brigand castriste. Devant les ennemis, on fait des risettes, à Chavez, à Kim Jong-Il, aux dictateurs en général, quels que soient les crachats que l’on reçoit en réponse.
 
 
 
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Publié dans Barack Hussein OBAMA

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