LA SYRIE EST A SEC À la moindre occasion, la Syrie ruinera nos sources d'eau
LA SYRIE EST A SEC
À la moindre occasion, la Syrie ruinera nos sources d'eau
Par Guy Bechor, journaliste
Paru dans www.YnetNews.com émanation de Yédiot Ah'oronot
Le 03/08/09
Traduit par Albert Soued pour www.nuitdorient.com
La Syrie vit un drame économique. Il n'y a pas de meilleur terme pour décrire ce que le régime syrien cherche à cacher. Le pays est à sec. Ces 3 dernières années, pas moins de 250 000 fermiers ont été obligés d'abandonner leur terre et de migrer vers les grandes villes. Là, ils vivent sous la tente, complètement oubliés par le régime. Ces chiffres proviennent d'une étude entreprise par les Nations Unies et publiés par la chaîne de TV al A'rabiya.
Principale source d'eau de la Syrie, le majestueux fleuve Euphrate est à sec. Les Turcs ont barré ses eaux chez eux, et la Syrie comme l'Irak ne reçoit pratiquement plus rien comme eau. Dans 10 ans, on prévoit que le fleuve sera totalement sec en dehors du territoire turc. Aujourd'hui, la Syrie ne reçoit plus qu'un filet d'eau polluée et, autrefois, importante source de nourriture, le poisson a disparu.
Conséquence de la sécheresse qui règne dans le pays depuis plusieurs années, une autre source d'eau, l'Oronte (rivière Aasi) est à sec. Son eau est devenue salée et polluée et, là aussi, il n'y a plus de poissons. Et sans poisson, pas de nourriture. Des villages entiers sont aujourd'hui désertés, alors que l'Oronte les a nourris pendant des siècles.
L'eau souterraine a atteint un tel nadir qu'il n'est pratiquement plus possible d'utiliser les quelques 420 000 puits illégaux creusés par les résidents pour pallier le manque d'eau. Pas d'eau, pas d'agriculture et migration massive vers les villes. Et là il n'y a pas d'emploi non plus, ce qui fait que la détresse est terrible et la pression politique gronde.
De nombreux paysans migrants sont kurdes, et le problème prend une allure ethnique. Les kurdes accusent le régime de ne rien faire pour eux. Cela fait de nombreuses années qu'ils vivent par milliers sous la tente, aux abords des grandes villes, sans que personne ne s'en préoccupe.
Israël doit-il payer pour les échecs syriens ?
Il semble que la parti Baath s'est toujours trompé. Lors des années 60, le parti a décidé de transformer le pays en un grenier à blé pour l'exportation. Il prônait alors la victoire pour la révolution agraire syrienne. Dans ce but, il a obligé les fermiers, éleveurs en zone aride, à se transformer en agriculteurs. Il a fermé les yeux sur les centaines de milliers de puits qu'ils ont été obligés de creuser, pour obtenir l'eau nécessaire pour les céréales. Tout économiste qui dénonçait cette politique était jeté en prison.
Aujourd'hui, avec la sécheresse terrible qui sévit, de sombres résultats assaillent cette terre où vivent 20 millions de personnes, dont la moitié sont des agriculteurs. Au lieu des 1,9 millions de tonnes de céréales qu'ils espéraient cette année, ils n'ont produit que 892 000 tonnes. C'est la ruine en Syrie ! La Syrie est obligée d'importer les céréales qui lui font défaut et elle n'a pas d'argent.
D'où son intérêt urgent de prendre possession des rives du lac de Tibériade (Kineret) pour obtenir l'eau qui lui manque tant, pour son agriculture. L'eau de notre pauvre lac alimente Israël, mais aussi la Jordanie, à laquelle nous fournissons chaque année 50 millions m3 d'eau, selon les accords de paix. Si jamais la Syrie parvient au lac Kineret, elle pompera des quantités d'eau astronomiques. Comme elle a ruiné ses rivières et ses eaux souterraines, elle ruinera aussi notre principale source d'eau.
La Syrie lorgne sur le Kineret, et n'a aucun intérêt d'une paix avec Israël.
Israël doit-il payer pour les échecs et la médiocrité du régime du parti Baath?
De plus, on est sidéré de voir la Turquie voler si méchamment son voisin, alors qu'elle s'érige en médiateur entre la Syrie et Israël. Doit-on accepter la médiation de la Turquie, alors que celle-ci a un intérêt certain à voir la Syrie au bord du lac Kineret, puisqu'elle n'aura plus la pression syrienne sur elle ?
Avant de s'engager dans une quelconque négociation avec la Syrie, on devrait se pencher sur les motivations réelles de la Syrie et être prudents. En espérant que les Américains qui font pression sur Israël dans cette voie soient également conscients des enjeux.
Syria is drying up
If given the opportunity, Syria will ruin our main water source
Guy Bechor
| Published: | 08.03.09, 08:47 / Israel Opinion |
Syria is experiencing an economic holocaust. There is no other way to describe what the Syrian regime is so much trying to hide. The country is drying up, and no less than 250,000 farmers were forced in the past three years to abandon their land and migrate to the large cities. They live in tents there, completely neglected by the regime. These figures appeared in a special study undertaken by the United Nations and published on the al-Arabiya website.
The immense Euphrates River, Syria’s main source of water, is drying up. The Turks are stopping its water in their territory, so that Syria and Iraq are receiving a declining portion of the water. Within about 10 years, the river is expected to dry up completely outside Turkish territory. Today already, it reaches Syria with contaminated water and therefore its fish, an important source of livelihood, is becoming extinct.
As result of the drought that had been plaguing Syria for several years now, another important Syrian water source, the Aasi (Orontes) River, is drying up as well. Its water is becoming saltier and increasingly contaminated, and its fish are dying off. And without fish, there is no livelihood. Entire villages fed by its waters for hundreds of years are simply being deserted.
Ground water in the country had reached such nadir that it is no longer possible to use the roughly 420,000 illegal wells dug by residents over the years. If there is no water, there is no agriculture; people proceed to leave the village and move to the city. As there is no work there either, the distress is terrible and political pressures builds up.
Many of the farmers leaving their villages are Kurd, which makes the problem an ethnic one. The Kurdish refugees accuse the regime of doing nothing for them. For several years now they have been living in thousands of tents near the big cities without being addressed.
Should Israel pay for Syrian failures?
It turns out that the ruling Baath party is at fault for everything. During the 1960s, the party decided to turn Syria into a grain-exporting state. They viewed it as a victory of the Syrian agrarian revolution. For that reason, they forced the farmers to shift from herding, on semi-arid land, to growing grain. The regime turned a blind eye to the hundreds of thousands of wells that were dug in order to water the grain. Any economist who dared to speak out against this policy was jailed.
Now, with the terrible drought, the grim results are overwhelming this land of 20 million people, half of them farmers. Instead of the 1.9 million tons of grains they expected to produce this year, the farmers managed to supply only 892,000 tons. Ruin in Syrian terms. The implication is that Syria is importing its grains today and has no money.
Syria has an existential interest in getting its hands on the Sea of Galilee in order to get the water needed for its agricultural land. Meanwhile, the water of our poor Kinneret reaches both Israel and Jordan at this time (we provide a fixed amount every year in line with our peace treaty.) Should Syria touch the Kinneret, the amounts of water pumped out of it will be huge. As it ruined its own rivers and ground water, Syria will also ruin our main water source. It has its sights on it, even though it is uninterested in peace with Israel.
Should Israel pay for the failures and mediocrity of the Syrian Baath party? Moreover, when one realizes how badly Turkey robs Syria, should we choose Turkey as the mediator between us and the Syrians? After all, Turkey has an existential interest in seeing the Syrians get the Kinneret. It will take the pressure off.
Ahead of the possible resumption of negotiations with Syria, we should know these figures and be cautious. We should hope that the Americans, who wish to advance talks on the Syrian track, will also be aware of this information.